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10 mai 2014 6 10 /05 /mai /2014 21:56

A portée de runnings de la maison, The Trail permet de découvrir l'Yonne.

 

zetrail.jpg

 

Témoignage de Christophe que je remercie chaleureusemnt pour sa contribution. Il est des no-o-tres...

 

The trail de l’Yonne ou les jambes de Catherine

 

Je me suis inscrit sur ce trail de 110 pour l’intégrer dans ma préparation à la PTL de cet été. Je pensais accompagner quelques autres motivés par une distance si longue. Je me retrouve pourtant seul Samedi midi pour mon dernier repas pris sur les berges ensoleillés de l’Yonne à Sens. Parti un peu en touriste, ce trail n’étant pas une fin en soi, ce n’est que la veille que je parcours le profil. Il y 3 parties, de Sens, 58 km pour un premier passage à Villeneuve sur Yonne, 24 pour un 2 eme passage à Villeneuve, 24 pour revenir à Sens. Sans références, j’extrapole à partir d’autres épreuves. Il doit être possible de faire 19h. Je me fixe 20. C’est facile 20.  10 heures pour joindre Villeneuve, 5 pour la boucle et 5 pour rentrer. Le départ des 63, 85 et 110 km ont lieu simultanément à 15h. Les autres formats disponibles (18 et 35) ultérieurement. Je pars assez vite. Il fait soleil et le vent du nord nous pousse. Profitons-en, sans penser au retour dans la nuit, le froid et le vent de face. Je déballe mes bâtons à chaque côte et les remets dans leur carquois avant le sommet pour anticiper la relance. Le profil est assez plat et long entre la succession des côtes. Ce trail est en fait très roulant avec pas mal de portions en bitumes, rarement plus de 1km, mais un peu trop à mon goût. Je le conseille à tous ceux qui voudraient s’initier à des distances importantes sans être confronter à des difficultés techniques. Et à 1h30 de Paris, pas de logistique à prévoir. Du 26 au 47 j’accompagne un ex-UTMB/Diagonale… qui compte faire 16h cette année après en avoir mis 17 l’année dernière sur cette même épreuve. Je vais le laisser filer pour ma propre sécurité. Le parcours est bien sec malgré les pluies de la semaine précédente. Il fait très humide, mais dans l’Yonne l’eau coule dans les cours d’eau, pas sur les chemins comme dans le limousin. Après St Julien du Saut (km47), je dois refaire le plein et le point. Je suis en avance sur mon plan de marche, la nuit tombe, le froid aussi. Je ralenti. Les concurrents sont de plus en plus espacés. La nuit change la physionomie. Plus de solitude. Plus de concentration. Le 1er passage à Villeneuve est l’objet d’un long arrêt. Apparait une jolie fille. Il n’y en pas beaucoup sur cette compétition. Elle a des jambes superbes et un short ultra-court. Je ne me laisse déconcentrer qu’un instant car je dois repartir. Il fait froid. La boucle de Villeneuve semble assez décourageante, mais je suis en forme sur cette partie du parcours. Les douleurs vont et viennent mais aucune ne persiste vraiment pour m’inquiéter. Catherine, la fille aux jolies jambes me double. Elle est accompagnée de 2 acolytes. Nous nous recroiserons souvent au gré des ravitaillements et des côtes où nos rythmes différent. Avant le 2eme passage à Villeneuve, je la surprends en train de faire pipi. Nous sympathisons. (Admirez l’approche). Ma forme est au top. J’arrive au 2eme passage de Villeneuve et m’y arrête encore une fois pas mal de temps. L’ambiance de cette nuit est plus simple et intime que celle d’hier soir. Le groupe rock a quitté la scène. Les pompiers rangent leur matériel. Le potage bien réconfortant. Catherine arrive. Zut, elle a enfilé un collant. Elle repart bien vite, je continue à m’attarder. Une fois de plus je me reconcentre. Il reste 28km. J’ai une ampoule sur un orteil et une douleur persistante sous le pied droit. L’alternance course/marche devient plus fréquente. Je rentre maintenant les bâtons bien après la fin des côtes. Il y a 2 ravitaillements  « sauvage » en plus de l’officiel à 96. J’y recroise Catherine sur une petite partie en aller-retour. Le moral remonte, mais que les 14km restants seront durs. A ce stade, il n’y a plus de doute de finir, seul l’état du coureur et son chrono restent inconnus. Je double quelques concurrents qui ont renoncés à courir. Au lever du jour, j’aperçois encore une fois Catherine à l’horizon. Elle n’a plus qu’un compagnon. Je n’arriverai pas à la rattraper avant l’arrivée malgré ma vitesse qui augmente. Le dernier ravitaillement à 105 n’était pas bien nécessaire mais c’est comme à chaque fois un plaisir d’échanger quelques mots avec les bénévoles qui ont lutté la nuit par 1 ou 2°. Les douleurs sont anesthésiées par les endomorphine ou par la volonté d’en finir. Je fonce en entrant dans l’agglomération encore endormie en espérant passer sous les 17 heures. Je n’aurai tenu mon tableau de marche que sur la dernière partie. 2 heures de gagnées sur la première, 1 sur la 2eme. Je fini en 17h (et 48sec). J’embrasse Catherine mais n’ose pas la demander en mariage. Après tout, nous n’avons passé qu’une nuit ensemble.

 

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